Visite officielle de Paul Biya en France
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Franc succès sur toute la ligne pour la visite officielle du chef de l’Etat en France achevée vendredi dernier.
Le tête-à-tête Paul Biya--Nicolas Sarkozy de vendredi dernier a clôturé en apothéose la visite officielle de quatre jours du chef de l’Etat en France. La rencontre au sommet entre les deux chefs d’Etat a constitué le couronnement d’une visite dont la densité et les articulations révèlent à souhait la détermination du Cameroun et de la France à dépoussiérer leur coopération fort ancienne dont un renouveau mutuellement bénéfique s’imposait.
C’est par une radieuse journée d’été, après un jeudi pluvieux, que le président Paul Biya et son homologue français se sont longuement entretenus vendredi au palais de l’Elysée. A son arrivée peu après 13h (12h à Yaoundé) sur la cour d’honneur du palais de l’Elysée, le chef de l’Etat a reçu les honneurs militaires rendus par le premier régiment de la garde républicaine, avant d’être chaleureusement accueilli au pied du perron par le président Nicolas Sarkozy. Accolade, longue poignée de main et une bonne humeur communicative, au grand ravissement des nombreux photographes et cameramen qui ont eu le loisir de capturer par dizaines les images de la complicité et de la convivialité affichées par les deux chefs d’Etat qui se connaissent et s’apprécient depuis leur première entrevue d’octobre 2007 en ces mêmes lieux.
La rencontre entre les deux chefs d’Etat aura duré un peu plus d’une heure d’horloge, leurs échanges s’étant poursuivis durant le déjeuner de travail offert au salon des Ambassadeurs en l’honneur du président Paul Biya. Les échanges à huis clos entre le président Paul Biya et son homologue français se sont déroulés à huis clos. Des indiscrétions qui en ont filtré cependant, l’on a appris que le chef de l’Etat français, d’entrée de jeu, a remercié son hôte, d’abord pour avoir répondu à son invitation, ensuite pour l’accueil réservé au Premier ministre François Fillon lors de sa visite officielle du mois de mai dernier au Cameroun. Il a relevé que les relations entre nos deux pays sont anciennes, sans nuages, et mutuellement bénéfiques. S’adressant au Directeur général adjoint de l’Agence Française de Développement (AFD), le président Sarkozy lui a demandé de renforcer le financement des projets au Cameroun dans le cadre du Contrat de désendettement et de développement (C2D). Dans cette perspective, il a demandé au gouvernement camerounais de présenter les projets nécessitant un financement urgent.
Abordant le chapitre politico-diplomatique, Nicolas Sarkozy a exprimé à Paul Biya ses félicitations pour ses efforts tendant à préserver la paix et la stabilité au Cameroun dans, dans une Afrique agitée. Il a dès lors souhaité voir l’influence du Cameroun s’exercer au-delà de la sous-région Afrique centrale. Le chef de l’Etat français a en outre affirmé au président Paul Biya qu’il milite afin que
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l’Afrique obtienne un siège de membre permanent au Conseil de sécurité des Nations Unies, une position qu’il s’est dit déterminé à soutenir fermement. S’adressant enfin à ses collaborateurs présents, notamment le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner et le secrétaire d’Etat en charge de la coopération, Alain Joyandet, le président Sarkozy les a instruit de poursuivre la réflexion dans les divers domaines où la France est susceptible d’accompagner le Cameroun.
Le président Paul Biya a, pour sa part, exprimé au chef de l’Etat français sa haute appréciation notamment pour le soutien constant apporté par la France au Cameroun dans les moments les plus difficiles. Il a noté à cet égard que c’est bien en France – à Saint-Cloud en 2002 - que fut pris le premier engagement dans le processus de résolution de l’Affaire Bakassi, et que la France a accompagné les négociations jusqu’à leur aboutissement avec l’Accord de Greentree du 12 juin 2006.
Evoquant ensuite la coopération économique, le chef de l’Etat a remercié la France pour son accompagnement du Cameroun tout au long du processus ayant abouti à l’atteinte du point d’achèvement de l’Initiative PPTE et à l’annulation de la dette de notre pays. Se félicitant de la qualité de la coopération bilatérale, Paul Biya s’est fait l’écho de la haute appréciation des Camerounais par rapport aux réalisations opérées dans le cadre du C2D (infrastructures routières, éducation, santé, aménagement urbain). Remerciant son hôte d’avoir instruit l’AFD de renforcer le financement de nos projets, le président Paul Biya a saisi l’occasion pour mentionner le projet en cours, de renforcement des capacités énergétiques du Cameroun qui nécessitent d’importants financements.
A l’intention des investisseurs français, le président de la République a réaffirmé qu’ils ont leur place au Cameroun. Il a indiqué à ce propos qu’au Cameroun existe un environnement favorable, un cadre juridique idoine ayant été mis en place qui permet de sécuriser les investissements. Du reste, a souligné le chef de l’Etat, au plan politique, le Cameroun demeure un pays stable, où les institutions fonctionnent normalement ; un pays des libertés où les divergences politiques sont respectées et acceptées, où la presse est libre, même si on peut regretter quelques dérapages.
Le chef de l’Etat s’est, par ailleurs, fait l’écho du souhait du peuple camerounais, qui a en effet réservé un accueil des plus chaleureux au Premier ministre François Fillon, d’accueillir dans un avenir proche le président Sarkozy. Le principe de cette visite a été accepté par le chef de l’Etat français, la confirmation restant à faire par voie diplomatique. Avant de prendre congé de son hôte, le président Paul Biya l’a remercié pour l’accueil chaleureux réservé à lui-même, à son épouse et à sa suite, durant une visite officielle qui aura tenu toutes ses promesses.
Olivier Medjo Ndille
